LUTTE CONTRE LE TERRORISME: Une coopération régionale à deux vitesses dans le Sahel et le Golfe de Guinée
Face à l’expansion de la menace terroriste, la sous-région offre un paysage diplomatique contrasté. Alors que le Burkina Faso et le Bénin font front commun, le Niger garde ses distances avec Cotonou, illustrant une stratégie à deux vitesses au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Sur le terrain, la synergie opérationnelle s’accélère. Les Forces Armées burkinabè et béninoises ont intensifié leurs patrouilles mixtes le long de leur frontière commune pour faire face aux incursions armées dans le nord du Bénin.
Cette coopération renforcée repose sur trois piliers stratégiques :
Surveillance accrue des zones vulnérables.
Partage dynamique du renseignement.
Coordination tactique des opérations ciblées.
Pour Ouagadougou, l’enjeu est de repousser les groupes armés hors de ses frontières. Pour Cotonou, il s’agit de verrouiller le septentrion et de stopper toute contagion terroriste. Ce rapprochement pragmatique démontre qu’en dépit des contextes politiques, la sécurité prime.
À l’inverse, l’axe Niamey-Cotonou reste au point mort. Le général Abdourahamane Tiani a récemment évoqué des « séquelles » persistent dans les relations bilatérales. Résultat : aucune opération conjointe ni patrouille mixte n’est actuellement envisagée entre le Niger et le Bénin.

En opérant à géométrie variable, les États laissent planer un risque : celui de créer des zones grises, failles sécuritaires que les groupes terroristes mobiles s’empressent d’exploiter. Si le tandem Burkina-Bénin montre l’exemple d’une réponse unifiée, la défiance nigérienne rappelle que la diplomatie reste un verrou majeur. L’AES parvendra-t-elle à harmoniser sa stratégie avant que l’insécurité ne prenne définitivement le dessus ?
