novembre 4, 2026

INSERTION PROFESSIONNEL DES JEUNES DANS LE SEPTENTRION: Quand le marché de l’emploi exige l’impossible

0
IMG-20261102-WA0021(1)

Dans le Nord du Bénin, deux constats reviennent avec insistance chez les jeunes diplômés en quête d’emploi : une préférence marquée des recruteurs pour la gente féminine et l’exigence systématique de deux à trois ans d’expérience professionnelle. Une double barrière qui compromet l’avenir de toute une génération.

« Recherchons une jeune fille belle et présentable. » Ou « minimum 2 ans d’expérience. » C’est en ces termes que se résument la plupart des offres d’emploi qui circulent particulièrement à Parakou. Une phrase simple, mais qui à elle seule, brise le rêve de dizaines de jeunes hommes et de jeunes diplômés sans expérience, pourtant compétents et motivés.

Une discrimination qui ne dit pas son nom

Le phénomène est visible. Que ce soit pour un poste de serveuse, d’agent commercial, de secrétaire ou même de comptable, la mention « féminin souhaité » est devenue presque automatique.

Si dans les secteurs de l’accueil et du marketing, l’argument de l’approche client peut s’entendre, son extension à tous les domaines pose problème. Elle instaure une inégalité d’accès à l’emploi fondée sur le sexe et relègue au second plan la compétence.

De nombreux jeunes hommes témoignent avoir été écartés non pas pour manque de qualification, mais pour ne pas être des femmes. Une situation qui interroge : recrute-t-on une compétence ou une image ?

Le piège de l’expérience

Deuxième écueil, le plus décourageant : l’expérience. Comment exiger 2 à 3 ans d’expérience à un jeune qui vient de soutenir sa Licence à l’université ? C’est le serpent qui se mord la queue.

Le marché demande de l’expérience pour donner un emploi, mais c’est l’emploi qui donne l’expérience. Résultat : des milliers de jeunes qualifiés restent au chômage, non pas par manque de savoir, mais par manque de première opportunité.

Un stage académique de trois mois, un engagement associatif, une activité de terrain ne sont que rarement considérés comme de l’expérience par les recruteurs.

Il faut oser faire confiance

Le développement d’une entreprise passe aussi par sa capacité à former. Les plus grandes entreprises du monde recrutent des débutants qu’elles forment à leur culture.

Il est urgent que les recruteurs du Nord adoptent cette démarche : remplacer « 3 ans d’expérience exigés » par « débutants acceptés, formation assurée ».

De même, les structures de promotion de l’emploi comme l’ANPE, et l’inspection du travail doivent veiller à décourager les offres discriminatoires.

On ne naît pas expérimenté, on le devient. Refuser de donner sa première chance à un jeune, c’est condamner tout un système à vieillir sans se renouveler. Le Nord a besoin de l’énergie de tous ses fils et de toutes ses filles. Donnons-leur la houe. C’est en cultivant qu’on devient cultivateur.

✍️ Prospère CAKPO (Stg)

Noter ce.t post

À propos de cet auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *