INSÉCURITÉ DANS LE NORD DU BÉNIN: Les enlèvements d’enfants, la peur qui hante les parents
Après les vols de motos et de bétail, c’est un phénomène plus terrifiant qui s’installe dans le Nord : la disparition d’enfants. À Parakou, chaque alerte de disparition provoque la panique dans tout un quartier. Les parents ne laissent plus leurs enfants sortir seuls.
Un enfant envoyé à la boutique qui ne revient pas. Un écolier qui disparaît sur le chemin de l’école. Une fillette enlevée devant sa maison à la tombée de la nuit. Ces histoires, vraies ou amplifiées par la rumeur, circulent désormais de bouche à oreille et sur WhatsApp, et elles ont installé une peur permanente dans les familles du Nord.
Comment les enfants disparaissent ?
Selon les témoignages des populations, le mode opératoire est presque toujours le même. Des inconnus à moto ou en voiture abordent des enfants isolés, leur proposent des bonbons, de l’argent ou un trajet. Dans d’autres cas, des enfants sont attirés sous prétexte d’une commission ou d’un travail bien payé. L’enfant, naïf et sans méfiance, suit son ravisseur et ne revient plus.
Les causes probables avancées
- La négligence et l’isolement des enfants : Dans beaucoup de quartiers du Nord, les enfants se déplacent seuls, très tôt le matin ou tard le soir, pour aller à l’école, au marché ou chercher de l’eau. Sans accompagnement d’un adulte, ils deviennent des cibles faciles.
- La pauvreté et la naïveté : Un enfant affamé ou en quête de petits cadeaux est plus facile à tromper. Les ravisseurs exploitent cette vulnérabilité.
- Les trafics et les croyances : Les populations évoquent aussi des réseaux de trafic d’enfants, de mendicité forcée, d’exploitation et, dans certains récits, des pratiques rituelles. Si toutes ces accusations ne sont pas toujours vérifiées, elles traduisent la profondeur de l’angoisse collective.
- Le manque d’éclairage et de surveillance : Comme pour les vols classiques, l’obscurité des quartiers, l’absence de patrouilles et l’éloignement des maisons facilitent les enlèvements.
Les conséquences sur les familles
Pour une famille, la disparition d’un enfant est pire que le vol d’un bien. C’est un traumatisme qui ne se referme jamais. Les mères vivent dans l’angoisse, les pères montent la garde, les écoles se vident dès 17h. Toute la vie sociale du quartier est bouleversée. Les habitants vivent avec la peur.
Les vols d’enfants dans le Nord ne sont pas seulement un fait divers. Ils sont un signal d’alarme. Pour protéger les enfants, il faudra plus que la peur : accompagner les enfants à l’école, ne jamais les laisser seuls, sensibiliser dans les écoles et les mosquées et églises, renforcer les comités de vigilance et signaler immédiatement tout inconnu suspect. Car un enfant protégé aujourd’hui, c’est tout un avenir sauvé demain.
✍️ Prospère CAKPO (Stg)
