RETOUR DES CITADINS AU VILLAGE: Entre peur et risque de tout perdre.

On ne choisit pas où naitre. On ne peut non plus choisir où trouver son bonheur. Mais malheureusement quand la vie devient rose à un individu dans son exode rural, un casse-tête s’installe. Il s’agit de comment retourner chez soi, dans son village pour prendre des nouvelles de ses parents.
En Afrique en général et particulièrement au Bénin, le phénomène existe. Après de longs moments passés en famille, certaines personnes à la recherche d’un mieux-être, décident de rallier la ville. Là, après plusieurs années et pour avoir réussi à se réaliser, s’inquiètent de comment revenir au village dans une condition meilleure. Généralement, la peur d’aller et de ne plus revenir, d’être envouté gagne les cœurs. À Parakou, quelques citoyens affirment que le phénomène préoccupe plus d’un. C’est le cas d’Abel et Inoussa, tous deux résidants à Kpébié. Dans un argumentaire, le propos de l’un est soutenu par celui de l’autre : ‘’il y a plus de dix ans si j’ai une bonne mémoire que j’ai mis pied au village. Quand j’y étais, je ne me réalisais pas mais dès que je suis arrivé à Parakou, ça va mais je m’inquiète de me rendre au village’’. A Inoussa de renchérir, ‘’j’ai été au village il y a de cela 3 ans, je vous assure, je suis revenu malade et mes affaires ont chuté. Le lien direct que j’ai établi, c’est qu’arriver là-bas, toutes les charges de la famille étaient reposées sur moi. Au fait, j’étais l’homme du moment; c’est là j’ai été attaqué’’.
Edifiant ! Pourtant, le village ‘’est le lieu de rencontre de la famille élargie ; de résidence des parents et de grands parents où les gens allaient se ressourcer ; ce qui donne un sens à la conscience collective ; à la solidarité’’ explique Prudent FAGNIBO, socio anthropologue. Cela sous-entend que se rendre au village est une bénédiction. Le Pasteur Uriel N’koué M’PINTI d’une église évangélique à Parakou renchérit qu’ ‘’on ne devrait pas avoir de la peur au ventre lorsqu’on veut retourner chez soi et cela est dû au fait que les gens ne connaissent pas Christ’’. Plus loin, il estime que la Bible nous recommande d’ ‘’obéir à nos parents et de les honorer afin d’être heureux et de vivre longtemps’’. Sur cette recommandation divine, l’homme de Dieu ne conçoit pas pourquoi il serait difficile voire impossible d’aller visiter ses parents au village.
Malgré cela, les témoignages affluent et sans distinction de religion. Cela ressort des déclarations de Dame aux initiales P.H, chrétienne dans une église de la place. ‘’J’ai un neveu menuisier qui travaille très bien, qui gagne de gros marchés, il s’est rendu au village pour assister à un enterrement ; c’est sur le chemin de retour du village qu’il a eu un accident mortel. J’ai peur d’aller au village sincèrement’’. Faut-il associer ces faits à la sorcellerie ou si le fait existe, comment le prouver ? Le socio anthropologue Prudent FAGNIBO reconnait que ‘’la sorcellerie fait partie de nos réalités mais malheureusement les actes sont sans preuves’’. Puisque les effets de la sorcellerie sont sans preuves, il convient donc de trouver une solution idoine ; laquelle permettra non seulement de se rendre au village, mais également revenir saint et sauf.
Le Pasteur Uriel N’koué M’PINTI préconise qu’il faut donner simplement sa vie à Jésus ; gage d’une sécurité infaillible. Le faire délivre de la peur de se faire tuer renchérit-il.
Yaovi Angélo HOUNDJO