CULTURE ET TRADITION AU NORD BÉNIN: Le nouvel an s’écrit en lettres de feu chez les baatonou
Le 1er janvier, date de la célébration moderne du Nouvel An, ne résume pas la manière dont toutes les communautés marquent le début d’une nouvelle année. Au nord du Bénin, chez les Baatonou, le passage à l’an nouveau prend une tout autre dimension : celle des tambours sacrés, des pas de danse et des prières ferventes.
Traditionnellement appelé « Donkorou », le Nouvel An baatonou est avant tout une fête du feu. Elle se traduit par des jets de flammes : pneus, paille, bois… tout sert à embraser la nuit. Selon le sage Worou Gaani, le Donkorou est un rite expiatoire. « Pour le Baatonou, quand on trouve une nouvelle chose, on se débarrasse de l’ancienne », explique-t-il.
C’est sur cet acte symbolique que repose tout le rituel. Le sage précise : « Qu’importe le temps, dès l’apparition de la nouvelle lune, le rite doit impérativement avoir lieu. »

Cette cérémonie, empreinte d’une profonde spiritualité, se déroule sous l’égide de Sa Majesté, gardien des traditions et des valeurs ancestrales de la communauté. Conformément à l’usage, le feu sacré est d’abord allumé au palais royal avant d’être propagé à travers toute la ville.
La cérémonie débute par des prières et des libations. Les sages invoquent les ancêtres pour implorer protection, paix et santé pour l’année à venir. Place ensuite au Donkorou proprement dit : réjouissances populaires, danses traditionnelles et, pour finir, partage de repas communautaires. Un moment fort qui symbolise l’abondance souhaitée pour la nouvelle année.
Au-delà de l’aspect festif, la célébration traditionnelle du Nouvel An chez les Baatonou constitue un patrimoine culturel majeur. Elle rappelle que le début d’une année est d’abord un temps de communion, de gratitude et d’espoir. Un moment précieux où chaque génération se reconnecte à son histoire pour mieux bâtir l’avenir.
✍️ Edwige GBADEDJI (Stg)
