ÉDUCATION ET ÉGALITÉ DES CHANCES AU BÉNIN: Le plaidoyer nuancé de la députée Émilie Tibouté pour les garçons démunis
Lors du récent Débat d’orientation budgétaire (DOB) pour la période 2027-2029, l’honorable Émilie Tibouté, députée du Bloc Républicain (BR), s’est illustrée par une intervention marquante. Tout en saluant les avancées sociales du gouvernement, elle a plaidé pour une approche plus inclusive de la gratuité scolaire, afin de ne laisser aucun enfant brillant sur le bord du chemin.
La parlementaire a d’abord rendu hommage à la décision historique prise en Conseil des ministres le 3 juin 2026 : l’instauration de la gratuité totale de l’enseignement secondaire public pour toutes les filles dès la rentrée 2026-2027. Si cette réforme constitue un levier majeur pour freiner le décrochage scolaire des jeunes filles, Émilie Tibouté alerte néanmoins sur un risque d’exclusion involontaire.
Pour l’élue, une application stricte de cette mesure basée uniquement sur le genre pourrait fragiliser les garçons issus de milieux particulièrement modestes. S’appuyant sur son expérience et ses observations de terrain, elle a partagé un constat poignant avec ses collègues : « Pour ceux d’entre nous qui ont fréquenté l’école publique, nous avons été témoins de situations où certains garçons, pourtant brillants, étaient renvoyés parce que leurs parents n’avaient pas pu payer les frais de scolarité. Je voudrais donc suggérer au gouvernement de penser également à ces situations, au cas par cas, afin que des intelligences pouvant contribuer au développement de notre pays ne soient pas sacrifiées… »
En sollicitant un élargissement de la gratuité « au cas par cas » pour les fils de familles démunies, la députée remet au centre des débats la notion fondamentale de l’égalité des chances, face aux contraintes budgétaires de l’État. Pour l’heure, l’exécutif n’a pas encore réagi à cette proposition d’ajustement.
Cette prise de position de l’honorable Émilie Tibouté vient directement faire écho à l’analyse que nous publiions dans notre édition n°0754 du vendredi 5 juin dernier. Sous le titre « GRATUITÉ DE LA SCOLARITÉ DES FILLES AU BÉNIN : Pourtant l’éducation n’a pas de genre », la rédaction de BBN soulignait déjà les limites d’une équité purement segmentée.
L’intervention de la députée conforte notre vision : en droit, tous les citoyens sont égaux. À l’heure où le monde entier se mobilise pour la promotion de l’égalité des sexes, il apparaît essentiel de réajuster cette décision afin qu’elle devienne un véritable outil d’équité sociale, sans distinction de genre.
✍️ Par Joseph HOUNKPATIN
