juillet 6, 2026

JUSTICE/CRIET: Le dépit amoureux vire à la séquestration à Zakpota

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Un ex-fiancé éconduit et un conducteur de zémidjan ont comparu le jeudi 2 juillet 2026 devant la Cour de Répression des Infractions Économiques et du Terrorisme (CRIET). Ils sont poursuivis pour avoir enlevé et séquestré pendant 48 heures une jeune femme de 22 ans, à la suite de son refus de renouer avec son ancienne relation.

Les faits, dignes d’un scénario de film, se sont déroulés en mai dernier à Zakpota. La victime, qui avait refait sa vie à Cotonou auprès d’un nouveau compagnon dont elle était enceinte, a été interceptée en pleine rue.

N’acceptant pas la rupture, son ex-fiancé, aidé par un conducteur de taxi-moto (zémidjan), l’a embarquée de force. Retenue contre son gré pendant près de deux jours, la jeune femme a subi une intense pression psychologique. Son ravisseur est allé jusqu’à lui proposer d’élever l’enfant de son rival comme le sien, à l’unique condition qu’elle reprenne la vie commune.

Face à ses geôliers, la victime a su garder son sang-froid. Feignant de violents maux de ventre liés à sa grossesse, elle a convaincu ses ravisseurs de la conduire à l’hôpital. Une fois à l’abri au sein de l’établissement sanitaire, elle a discrètement alerté le personnel soignant, qui a immédiatement prévenu la police. Les deux complices ont été interpellés sur place.

À la barre, le principal accusé est passé aux aveux, justifiant son acte par l’unique désir de reconquérir son ex-fiancée. Les juges n’ont pas manqué de lui rappeler que la législation béninoise réprime sévèrement le mariage forcé ainsi que toute forme d’union privant un individu de son libre consentement.

Refusant le moindre dédommagement financier personnel, la jeune femme a laissé le soin à sa famille de réclamer uniquement le remboursement des frais engagés durant cette épreuve, affirmant sa volonté de tourner définitivement la page.

Les deux prévenus ont été maintenus en détention provisoire. Le ministère public prononcera ses réquisitions lors de la prochaine audience, fixée au 27 août 2026.

Une affaire dramatique qui rappelle fermement que le refus d’une relation amoureuse relève de la liberté individuelle, tandis que la contrainte par la force mène directement à la case prison.

Prospère CAKPO (Stg)

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