juillet 7, 2026

PHÉNOMÈNE DES MÈRES CÉLIBATAIRES: Quand les responsabilités communes pèsent sur une seule épaule

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Si le schéma familial traditionnel repose sur la présence d’un père, d’une mère et des enfants, la réalité est aujourd’hui tout autre pour de nombreuses femmes. Livrées à elles-mêmes avec un ou plusieurs enfants à charge, elles incarnent le phénomène grandissant des mères célibataires.

Une mère célibataire est une femme non mariée qui élève seule sa progéniture. Qu’elle soit célibataire géographique, séparée, divorcée ou veuve, elle devient le pilier unique d’une famille monoparentale, assumant seule la responsabilité juridique, éducative et financière de ses enfants.

Pour Amed Obinti, animateur et consultant junior, ce statut désigne souvent « une jeune femme ou une mineure qui a connu la maternité hors mariage et qui assume seule l’éducation et la charge de son enfant ». En somme, la mère célibataire est celle qui, sans conjoint à ses côtés, subvient de manière autonome aux besoins de sa cellule familiale.

Plusieurs facteurs expliquent la prolifération de ce phénomène. Selon l’expert, les causes sont multiples : « le manque d’éducation sexuelle, la fuite de responsabilités des parents de la jeune fille ou de l’auteur de la grossesse ». À cela s’ajoutent la précarité économique, les pesanteurs socio-culturelles et religieuses, ainsi que les ruptures conjugales.

Face à l’annonce d’une grossesse, certains hommes choisissent la fuite ou changent radicalement d’attitude, abandonnant leur compagne face aux charges à venir. C’est le cas de Josiane Douden (nom d’emprunt), qui a accepté de se confier : « Dès que je suis tombée enceinte, son comportement a changé. Plus d’appels, plus de messages ». L’homme a immédiatement fui ses devoirs : « C’est à peine s’il me donnait un peu d’argent pour mes examens et produits médicaux », ajoute-t-elle. Les dépenses liées au logement, à la scolarité et à l’alimentation, qui devaient être partagées, incombent désormais à la mère seule.

Pour Amed Obinti, les conséquences de cette situation impactent l’enfant (privé d’affection paternelle), la communauté, mais d’abord la mère elle-même, exposée à « la précarité financière, à la détresse psychologique et parfois même au risque de suicide ». Écrasée par les difficultés, Josiane Douden avoue être parfois contrainte de céder aux avances d’autres hommes pour subvenir à ses besoins et à ceux de son enfant. « Je vous assure que cette vie n’est pas facile », confie-t-elle avec amertume.

Pour inverser la tendance, Amed Obinti préconise des actions concrètes : « Il faut intensifier les campagnes de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive, assurer une prise en charge holistique des cas existants, mais aussi sanctionner sévèrement les pères démissionnaires ».

✍️ Alvine ALLOGOGO (Stg)

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