juillet 10, 2026

CONFLITS AGROPASTORAUX: 391 acteurs clés formés pour apaiser les tensions

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Au Bénin, la Police républicaine, le Haut-Commissariat à la Sédentarisation des Éleveurs et l’agence belge de développement (Enabel) unissent leurs forces. Ensemble, ils ont outillé 391 membres de comités locaux répartis dans 11 communes pour prévenir les affrontements entre agriculteurs et éleveurs et renforcer la cohésion sociale.

Installer autour d’une même table un éleveur, un agriculteur, un élu local et un policier : c’est la nouvelle stratégie du Bénin pour désamorcer les crises agropastorales avant qu’elles n’éclatent. Cette campagne de formation est portée par les projets PAOP II et PARSAD (financés par la Belgique), ainsi que PRONORD-PAOP et Delta Mono (financés par l’Union européenne).

Les sessions de formation ont couvert les communes de Dassa-Zoumè, Djougou, Bembèrèkè, Natitingou, Kandi, Lokossa, Athiémé, Bassila, Bantè, Nikki et Tchaourou. Le programme s’est concentré sur quatre axes majeurs :

Appropriation du Code pastoral et des textes régissant la transhumance, un impératif pour les autorités locales.

Maîtrise des dispositifs d’alerte précoce, de médiation et de concertation.

Valorisation de la prévention et de la collaboration étroite entre la population et les forces de sécurité.

Promotion de techniques perçues comme des leviers de stabilité sociale et de gestion responsable des ressources.

« Réunir dans une même pièce l’éleveur, le maire et le policier instaure un vrai climat de confiance », souligne un facilitateur. L’originalité de la démarche repose sur ce dialogue direct entre les différents gestionnaires de crises. Cette initiative matérialise également la synergie entre les pôles « Agriculture » et « Sécurité » d’Enabel, les conflits agropastoraux impactant simultanément le développement et la paix publique.

Le chemin vers une accalmie totale reste semé d’embûches. Les formateurs pointent du doigt plusieurs obstacles : la méconnaissance des lois dans certaines régions, le manque de moyens financiers des comités locaux, des préjugés communautaires persistants et la nécessité d’intensifier les campagnes de sensibilisation.

Cette série de formations marque la deuxième étape d’un processus qui en compte trois, initié lors d’un séminaire national en décembre 2025. La troisième phase, programmée pour le troisième trimestre 2026, ciblera directement les populations à la base.

En misant sur ces acteurs de terrain, les partenaires font le pari du dialogue contre la confrontation, une condition indispensable pour garantir un développement agricole serein au Bénin.

✍️ Prospère CAKPO (Stg)

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