juillet 15, 2026

UNIVERSITÉ DU PREMIER AU DERNIER JOUR: Entre l’excitation des débuts et le couperet des résultats

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Le premier jour à l’université est un cap mémorable. Pour les nouveaux bacheliers, cette rentrée oscille constamment entre l’excitation de découvrir un nouveau monde et l’appréhension de l’inconnu.

Dès l’ouverture des portes, le campus s’anime d’un flot continu de nouveaux étudiants. Certains arrivent accompagnés de leurs proches, tandis que d’autres affrontent la foule en solo, à la recherche de leur salle de cours ou des bâtiments administratifs. Les regards curieux se croisent dans cette effervescence. Chacun tente de s’approprier ce grand espace qui deviendra bientôt son quotidien, d’y retrouver d’anciens camarades ou de nouer de nouvelles amitiés. Pourtant, cette transition est loin d’être un long fleuve tranquille.

Albert Agbatchi Agani, aujourd’hui en troisième année de sociologie, se souvient que son arrivée en 2023 a été un parcours du combattant administratif. N’étant pas boursier, il a dû faire son inscription en présentiel : une épreuve faite de longues attentes sous le soleil et de complications pour obtenir son certificat de nationalité. Heureusement, Albert a pu compter sur la solidarité de ses aînés : « J’ai de grands frères qui avaient déjà étudié ici et à Calavi. Ils m’avaient tout expliqué. Du coup, même si c’était pénible, j’étais préparé. Je n’avais pas le choix », confie-t-il.

Pour Ridwane Gangnon, en deuxième année de lettres modernes, l’entrée à l’université a rimé avec choc thermique. Perdu dans l’immensité du campus, il s’est également senti dépassé sur le plan académique dès le début des cours, plongeant dans une confusion totale « tout était bleu » : « Grâce aux efforts fournis, j’ai fini par tirer mon épingle du jeu. Mais ce n’était vraiment pas facile au départ ».

Malgré ces obstacles, la solidarité s’organise. Les associations étudiantes se mobilisent pour guider les nouveaux venus à travers les amphithéâtres, les bibliothèques et les restaurants universitaires. Alvine, étudiante en licence 2 de lettres modernes, se rappelle : « J’étais tellement stressée. Mais dès que j’ai posé le pied sur le campus et que j’ai vu l’animation, bien différente du collège, cela m’a rassurée ».

Pourtant, la magie des débuts et l’insouciance des rencontres finissent par céder la place à une réalité bien plus brutale : celle de la fin de l’année. Si le premier jour stresse par son inconnu, les derniers jours, eux, paralysent par leur verdict. L’heure des résultats a sonné, et avec elle, une question qui tourne en boucle dans toutes les têtes : l’année sera-t-elle validée ?

Dans les couloirs du campus, l’ambiance n’est plus aux rires mais à une attente insoutenable. Pour beaucoup, la pression est double. Il ne s’agit pas seulement de réussite personnelle, mais aussi du regard de la famille. Comment annoncer un échec aux parents ? Comment leur avouer qu’il faudra accuser une année de retard, avec tous les sacrifices financiers et les espoirs déçus que cela implique ?

Pour les étudiants les plus vulnérables, le couperet des résultats est encore plus lourd de conséquences. Malheureusement, pour certains, l’échec ne signifie pas seulement redoubler : il vient arracher d’un coup sec leur unique secours financier ou leur bourse d’études, les laissant face à une précarité immédiate.

Mais pour d’autres, au bout de cette longue agonie psychologique, le stress cède enfin place à une joie immense et libératrice. Le sésame est décroché, l’année est validée. Les cris de soulagement résonnent alors sur ce même campus qui, quelques mois plus tôt, les accueillait timides et intimidés.

Entre les plans perdus du premier jour, le labyrinthe des examens et le verdict final, le parcours universitaire n’a rien d’un fleuve tranquille. Il bouscule, il éprouve, mais c’est précisément ce chemin sinueux, fait de doutes et de victoires, qui en forge toute la valeur.

Edwige GADEDJI (Stg)

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