CHANGEMENT CLIMATIQUE: Le grand cri dans le désert de l’inaction

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On en parle dans les sommets internationaux, on le déplore après chaque inondation, on le subit sous une chaleur de plomb. Pourtant, entre les discours alarmistes et l’action réelle, le fossé semble abyssal. À Parakou comme ailleurs, le climat change, mais nos habitudes, elles, ont la peau dure.

Le constat est amer. Jamais l’humanité n’a été aussi informée des risques qui pèsent sur sa survie, et pourtant, jamais elle n’a semblé aussi léthargique. Au Bénin, le changement climatique n’est plus une théorie de laboratoire ou un sujet de documentaire pour pays riches. C’est une réalité qui frappe à nos portes, qui brûle nos récoltes et qui inonde nos maisons. Mais alors que l’urgence hurle, notre réponse n’est qu’un murmure.

Le paysan du Borgou ne consulte pas les rapports du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC), mais il constate, impuissant, que les pluies ne sont plus au rendez-vous de ses semailles. À Parakou, les vagues de chaleur deviennent étouffantes, et les périodes d’harmattan se dérèglent, perturbant les cycles agricoles et la santé des plus vulnérables.

Nous souffrons de la dégradation de nos sols, de la disparition de nos forêts et de la raréfaction de l’eau. Mais cette souffrance, au lieu de devenir un moteur de changement, semble s’être transformée en une fatalité résignée.

Vous vivons dans la parabole de « beaucoup de bruits pour rien ». Pourquoi agissons-nous si peu ? Plusieurs facteurs expliquent cette paralysie :

La dictature de l’urgence immédiate : Pour beaucoup, survivre à la fin du mois passe avant la survie de la planète à la fin du siècle.

Le syndrome du « ce n’est pas moi, c’est l’autre » : On attend que les pays industrialisés fassent le premier pas, oubliant que chaque arbre coupé localement et chaque sachet plastique brûlé aggrave notre propre micro-climat.

L’absence de politiques locales audacieuses : Si les grands sommets (COP) accouchent de promesses, leur traduction en actions concrètes dans nos communes reste timide.

« Nous sommes la première génération à ressentir l’impact du changement climatique et la dernière à pouvoir agir. » Cette phrase, maintes fois répétée, sonne aujourd’hui comme un reproche.

Il est temps de sortir de la « cosmétique environnementale ». Planter un arbre lors de la journée nationale de l’arbre pour l’oublier le lendemain ne suffit plus. L’action climatique doit devenir un réflexe citoyen et une priorité politique absolue.

Le nouveau conseil communal de Parakou, qui s’installe ce week-end, aura une responsabilité historique : intégrer l’adaptation climatique dans chaque pavé posé, dans chaque marché construit et dans chaque budget voté.

Le climat n’attend pas les retardataires. Soit nous agissons maintenant, avec courage et rigueur, soit nous condamnons les générations futures à n’avoir que leurs yeux pour pleurer sur une terre devenue invivable. Le cri a assez duré. Place aux actes.

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