DÉMARRAGE DES COURS DE VACANCES: Pourtant le niveau baisse toujours

Pendant les périodes de vacances considérées comme moments de repos, les géniteurs inscrivent leurs enfants aux différentes organisations estudiantines dans le but de les initier ou de rehausser leur niveau dans les notions aux programmes de l’année scolaire à venir. Mais la baisse du niveau de ces derniers ne cesse de s’observer. Comment peut-on l’expliquer ?
La chute du niveau intellectuel surtout en français, constitue actuellement un hic pour le système éducatif. Des apprenants en classe de seconde, première, terminale et même des étudiants qui s’expriment très mal en français. Certes, d’aucuns diront que le français n’est pas leur langue maternelle. Mais il constitue une langue officielle, une langue de travail au Bénin.
Pourtant des efforts se disent être consentis dans le rang des enseignants, autorités et même parents d’apprenants. C’est d’ailleurs dans cette optique que les Travaux Dirigés (TD), les travaux de renforcement, les cours de vacances…sont organisés afin de fortifier le niveau des apprenants. Selon quelques élèves rencontrés dans les lieux où se déroulent les cours de vacances, ils trouvent bénéfiques, avantageux ces cours. » Les notions que nous apprennent les professeurs nous profitent surtout dans le premier trimestre de l’année », a souligné Marion Guidigbi élève en classe de terminale scientifique.
« Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne » dit-on. Ici le constat amer prouve le contraire. Les professeurs enseignent les élèves, apprenants; ils font de leur possible pour les enseigner mais le niveau ne cesse de fléchir du jour au lendemain, de génération en génération. Certes, les taux d’admissibilité aux différents examens nationaux sont encourageant mais le problème est encore discernable.
Il ne suffit pas d’avoir un fort taux aux différents examens. À quoi servirait un enfant déclaré admis à l’examen national du Certificat d’Étude Primaire (CEP) et qui est incapable d’écrire son propre nom? On se posera certainement la question de savoir comment l’élève s’est-il débrouillé pour répondre aux questions inscrites sur les épreuves de l’examen.
À cette question, Céfadine Babio professeur de français dans la cité des Kobourou déclare que « la baisse du niveau des apprenants est un phénomène réel qui date longtemps, depuis l’introduction du nouveau programme dans le système éducatif où certaines notions (notions de grammaire, de conjugaison…) ont été réduites. Également la grille de correction des copies de français favorise l’avancée du problème ».
De plus, les apprenants ne lisent plus, ne fréquentent plus les bibliothèques, les lieux de savoirs, de culture… Aussi, les parents qui ne surveillent pas leur enfant à la maison sont autant de vecteurs de cette baisse.
L’État est impliqué dans cette affaire surtout avec le problème d’aspiranat où un professeur d’histoire géographie peut enseigner le français…
Le retour de la grammaire, de la conjugaison ; revoir les classes de base, mieux cadrer les enfants dès les classes de base, dès le primaire sont entre autres, les pistes de solutions proposées par Cefadine Babio pour bannir ce phénomène. « Il y a aussi le programme de l’année qui ne permet pas aux enseignants d’exercer certaines tâches très importantes et capitales pour hausser le niveau intellectuel des apprenants. Quant aux parents, illettrés ou non, ils doivent souvent prendre le soin de suivre leur progéniture ou engager des personnes pour le faire à leur place et ceci à but lucratif », a-t-il conseillé. Il a ajouté un conseil selon lequel les parents peuvent offrir un livre, roman comme cadeau d’anniversaire en lieu et place des cadeaux donnés et connus par tous.
Les dés sont alors jetés. À chacun de jouer son rôle, sa partition convenablement si nous voulons revoir le système éducatif d’alors du Bénin, ex Dahomey. Si nous voulons que le pays redevienne le quartier latin de l’Afrique.
Mansouratou Adéni Djibril (Stg)