ENTRETIEN AVEC FADEL ABOUBAKAR SUR LA CONVENTION DES JEUNES DE TCHAOUROU: «Il n’y a aucun personnage politique derrière cette initiative» rassure-t-il

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Les forces vives de la commune de Tchaourou se sont réunies le samedi 21 août dernier à la maison des jeunes pour décider de l’avenir de leur commune suite aux événements malheureux des législatives de 2019 et la présidentielle de 2021. Cette convention des jeunes sans de penchant politique, est basée sur trois axes majeurs : Confiance-Culture et Consolidation. Mais déjà quelques jours après cette convention, des langues se lèvent et dénigrent l’initiative. En réponse à ces diverses opinions, Fadel Aboubakar a accordé un entretien à votre journal pour élucider les incompréhensions.

Bonjour. Présentez vous svp

Je suis Fadel ABOUBAKAR, Ingénieur du Génie Civil et Gestionnaire de Projets de développement, natif de Tchaourou.

Le samedi 21 Août dernier, les jeunes de la commune de Tchaourou ont tenu une convention, dites-nous de quoi s’agit-il concrètement ?

La convention avait pour but de faire venir dans une même salle, les jeunes âgés de 40 ans au plus natifs de Tchaourou, sans considération de leur appartenance religieuse, ethnique, politique afin que ceux-ci se parlent aux lendemains de troubles qui ont secoué ladite commune.
C’était une idée développée sur un forum WhatsApp et qui a été concrétisée bien des mois plus tard par des jeunes gens qui trouvaient en cela une façon de contribuer aux efforts de paix de ladite commune.
Cette idée n’a aucun lien avec le récent forum sur la réconciliation à Tchaourou car elle lui est antérieure.
Toutefois l’esprit de cette convention et celui du forum sur la réconciliation se rejoignent en bien de points .

Sans doute vous êtes mêlé de près à cette convention, dites-nous quels en étaient les points saillants ?

Il est vrai que j’ai présidé et dirigé les travaux du sous-comité intellectuel qui a réfléchi et proposé les termes de références de ladite rencontre, mais aussi et surtout tout le schéma organisationnel avec l’appui bien sûr d’autres jeunes.
L’idée était partie d’un principe consensuel : nul ne fera notre bonheur à notre place ; et à ce titre, nous avions décliné les points qui nous paraissent essentiels pour notre propre développement et épanouissement ; nous avions échangé ensemble pour retenir le thème principal Paix et Développement autour duquel ont gravité d’autres thématiques comme : l’éducation, la solidarité, la politique, la culture, etc…
A vrai dire, nous savions qu’en notre sein, nous étions à nous tous seuls, un réservoir d’intellectuels, de spécialistes de tous genres et de tous secteurs, de volontaires et surtout de passionnés des questions de paix et de développement pour notre commune. Chacun avec son parcours, ses expériences et ses idées.
Ce que nous voulions, c’était surtout d’aboutir à une espèce de pacte social solide pour définir les conditions de notre vivre ensemble afin d’être non pas le moyen qui matérialise physiquement et rend visible les différends de nos aînés mais plutôt le levier qui permettra de développer notre chère commune.
Donc je le réitère, c’était une idée tacite, sans parrainage ni ficelles politiques mais surtout une idéologie qui se matérialise avec le sacrifice et la solidarité de tous les jeunes épris de la même conviction qui ont fondé cette convention.

Alors selon vous cette convention à son terme aura-t-elle de bonnes retombées ?

Pour moi il est important de rappeler qu’aucune œuvre humaine n’aboutit si à l’initiative de départ ne s’ajoutent, la foi, la sincérité, le sacrifice pour l’accomplir et le travail acharné.
Puisque nous avons la chance d’être des jeunes je pense plutôt que ces fondamentaux sont l’apanage de la jeunesse et que nous pouvons y réussir.
Mais pour cela il va falloir que l’esprit de départ soit préservé certes mais que nous travaillons à renforcer une mutuelle confiance entre nous ; ce qui va sans dire que nous devons surtout éviter de surfer sur de la récupération politique, éviter d’accroître entre nous des suspicions de tous genres et vraiment dialoguer.
Nous devons aussi renforcer notre culture démocratique, accroître l’acceptation de nos différences et de nos divergences politiques, sociales et des points de vue puis enfin nous efforcer à consolider les acquis de cette première convention qui ont permis de faire participer une jeunesse active, qui y a cru, qui a elle-même contribué à financer l’activité.
Il nous faut donc travailler à ce que ce genre de rencontre ne soit non pas une fin mais le début d’un processus itératif, et régulier afin non seulement de ratisser large et de conquérir les esprits des plus sceptiques mais surtout de créer un cadre de dialogue et d’échange sincère qui permettra d’amortir des tensions et malentendus éventuels.

Déjà certaines langues se lèvent et disent que c’est du pipo cette convention puisque jamais, Tchaourou n’a réussi à s’unir à cause des politiques qui manipulent la jeunesse. Alors dites-nous, y-a-t-il un politique derrière cette convention ?

Sur le premier volet de votre intervention je pense qu’il faut préciser que l’objet de la convention n’est même pas d’avoir tout le monde autour de notre idée ; cela n’a d’ailleurs jamais été possible pour aucune œuvre humaine ; Dieu n’est pas lui-même consensuel dans les cœurs des hommes qu’il a pourtant créés.
En revanche, si nous travaillons à gagner la confiance de chaque acteur qui s’y engage, si nous pouvons vivre et travailler en acceptant nos divergences politiques, d’opinions, nos divergences sociales, ethniques et intellectuelles, en mettant en avant ce qui nous unit, c’est-à-dire notre commune et le défi de résoudre les maux qui plombent notre épanouissement, alors nous pourrons consolider les acquis de cette première initiative et la répéter bien plus tard.
Je suis formel qu’il n’y a aucun personnage politique derrière cette initiative et je peux même vous rassurer que les listes de participants ne sont pas adressées expressément aux partis politiques ni à leurs ténors, et ne mentionnent nullement l’appartenance politique des acteurs de la convention.
Enfin aucun thème n’a tourné sur un cas politique réel.

Pensez-vous que Tchaourou finira par devenir enfant poli du septentrion en matière politique ?

Je reste convaincu que très peu de commune ont eu l’expérience politique que Tchaourou vient d’avoir. Gérer le pouvoir d’Etat et ensuite traversé ce que la commune a traversé est une expérience tellement riche, qui permet d’aguerrir les populations de Tchaourou, d’éveiller les mentalités, d’accroître les maturités politiques bref, d’enrichir qualitativement les expériences individuelles et collectives.
A ce titre, il est tout fait logique pour moi, que Tchaourou reste et demeure incontournable dans la prise des décisions au niveau local puis national.
Ce qu’il reste à Tchaourou c’est sans doute de présenter à la face du monde dans un avenir proche, de nouveaux acteurs politiques, de nouveaux leaders qui ne feront pas forcément rupture avec leurs aînés en politique mais qui devront plutôt se servir des expériences de ces derniers, de leurs savoirs -faire et savoir-vivre afin de projeter pour Tchaourou et ses habitants de nouvelles ambitions de développement et de stabilité.

Avez-vous d’autres précisions?

J’invite toute la jeunesse à rester concentrée sur les objectifs de cette convention et savoir que le plus dur n’est nullement la tenue de la convention en elle-même mais les étapes qui la suivront. Celles-ci sont fondamentales pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés.
Merci à vous.

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