SEMAINE MONDIALE DE L’ALLAITEMENT MATERNEL: Chaque goutte compte pour la santé des enfants

0
IMG-20260805-WA0013

Du 1ᵉʳ au 7 août, le monde entier célèbre la Semaine mondiale de l’allaitement maternel. Cette année encore, le message résonne avec force : donner le sein, c’est offrir la vie. Une pratique essentielle, dès les premières heures du nouveau-né et de manière exclusive pendant ses six premiers mois.

Pour un nouveau-né, le lait maternel dépasse largement le simple rôle de nourriture. « C’est un véritable médicament, une protection naturelle », explique Mouna waratou Salifou, sage-femme au CHUD-Borgou. Elle rappelle les bénéfices immédiats de cette pratique :

Le colostrum, un premier vaccin naturel : Ce liquide jaunâtre produit lors des trois premiers jours est gorgé d’anticorps. Il tapisse l’intestin du bébé et le dresse en rempart contre les infections.

Une nutrition sur mesure (100 % adaptée) : Durant les 6 premiers mois, le lait maternel apporte tout ce dont le nourrisson a besoin : eau, protéines, graisses et sucres. Ni eau, ni tisane ne sont nécessaires : le sein suffit amplement.

Un bouclier protecteur : Il réduit de moitié le risque de diarrhées et d’infections respiratoires, principales causes de mortalité chez les tout-petits.

Éveil cérébral et lien d’attachement : Le contact peau à peau durant la tétée stimule le développement cérébral de l’enfant tout en scellant un lien affectif puissant avec la mère.

Bon à savoir : Les mamans y gagnent aussi ! Allaiter favorise la perte de poids post-grossesse, diminue les saignements après l’accouchement et réduit les risques de cancer du sein.

Allaiter exclusivement pendant six mois, puis poursuivre jusqu’à deux ans ou plus, ne repose pas uniquement sur les épaules de la mère. C’est un engagement qui interpelle toute la société. Du soutien du conjoint à la flexibilité de l’employeur, en passant par l’accompagnement du personnel soignant, chaque geste compte.

« Une question d’organisation et de conviction »
Pour cette commerçante, le choix a été clair malgré les pressions : « Mon enfant a 1 an et 8 mois et je l’allaite toujours. Au début, c’était douloureux, mais la sage-femme m’a appris la bonne position. Aujourd’hui, il tombe rarement malade. Au marché, je tire mon lait pour lui en laisser. Malgré les remarques de l’entourage qui me poussent au sevrage, je poursuis : l’OMS recommande d’allaiter jusqu’à 2 ans ou plus. C’est mon choix, et cela nous rapproche énormément. »

Idée reçue : L’allaitement abîme-t-il la poitrine ?

C’est l’une des fausses croyances les plus répandues chez les jeunes mères. La réalité scientifique : ce n’est pas l’allaitement qui modifie la poitrine, mais la grossesse elle-même. Sous l’effet des hormones, le volume mammaire varie bien avant la naissance. Porter un soutien-gorge adapté et maintenir une bonne posture sont bien plus efficaces pour préserver sa poitrine que de renoncer au sein.

L’ignorance de ces faits pousse malheureusement certaines mamans à renoncer trop tôt, comme en témoigne cette jeune mère : « J’ai arrêté à 4 mois par peur. Mes amies me disaient que mes seins allaient « tomber ». J’avais aussi honte d’allaiter en public, alors j’ai opté pour le lait en poudre. Aujourd’hui, je le regrette. Je ne savais pas à quel point le lait maternel était irremplaçable. Pour mon prochain enfant, je tiendrai bon. »

L’allaitement ne doit plus être un sujet tabou ni une épreuve solitaire. Faisons-en une priorité collective, car chaque goutte de lait compte pour bâtir la santé des générations de demain.

✍️ Azoumi KORA (Stg)

Noter ce.t post

À propos de cet auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *