septembre 18, 2026

INTOLÉRANCE ROUTIÈRE À PARAKOU: Quand le sang-froid des usagers s’évapore au profit d’agressivité

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À Parakou, la circulation quotidienne vire bien souvent à la foire d’empoigne. Entre klaxons intempestifs, injures virulentes et incivilités répétées, le sang-froid des usagers de la route semble s’être évaporé au profit d’un climat d’agressivité permanente.

Aux heures de pointe, traverser certains artères ou emprunter l’interconnexion reliant le marché Dépôt au centre-ville ou l’université au marché Arzèkè relève du parcours du combattant. L’espace routier parakois est devenu le théâtre d’une tension palpable où la courtoisie n’a plus sa place. Pour une simple hésitation ou un dépassement jugé trop serré, les invectives fusent en bariba, fon ou dendi. « On ne se parle plus, on se crie dessus. Si vous ralentissez une seconde pour laisser traverser un piéton, vous vous faites copieusement insulter par ceux qui vous suivent », déplore Ousmane, conducteur de zemidjan depuis plus de dix ans.

Cette intolérance ambiante puise ses racines dans une indiscipline chronique. L’incivilité s’affiche au grand jour : non-respect des feux de signalisation, dépassements par la droite, refus de priorité et occupation anarchique des trottoirs par les vendeurs ambulants. La route, au lieu d’être un espace partagé, est abordée comme une arène où régnerait la loi du plus fort ou du plus pressé. Les conducteurs de deux-roues, ultra-dominants dans la métropole du Nord, paient un lourd tribut à cette brutalité relationnelle, souvent sous le regard impuissant des agents de sécurité publique.

Au-delà de la pollution sonore et de la dégradation du vivre-ensemble, cette agressivité au volant ou au guidon comporte de réels dangers. L’énervement pousse à des prises de risques inutiles, entraînant une hausse des accrochages et des accidents. La nervosité accumulée dans le trafic se répercute ensuite dans les foyers et les lieux de travail, empoisonnant le quotidien des Parakois.

Face à cette détérioration du climat routier, la répression policière ne pourra pas tout résoudre. Une prise de conscience collective est urgente : des campagnes ciblées de sensibilisation au code de la route et à l’éco-citoyenneté s’imposent pour rappeler que la sécurité routière commence d’abord par le respect de l’autre.

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