octobre 23, 2026

JUSTICE / REVIREMENT HISTORIQUE À OUAGADOUGOU: 8 ans après l’avoir abolie, la peine de mort fait son grand retour

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Coup de théâtre juridique au Burkina Faso. Huit ans après son abolition, la peine capitale est réintroduite dans l’arsenal pénal. L’Assemblée Législative de Transition (ALP) a adopté ce mardi 20 octobre 2026 à l’unanimité de ses 71 membres le nouveau Code pénal présenté par le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala. Terrorisme, haute trahison, espionnage et importation de produits mortifères sont désormais passibles de la peine de mort.

C’est une page qui se tourne et une autre qui se rouvre. Le Burkina Faso avait tourné le dos à la peine de mort le 31 mai 2018 sous Roch Marc Christian Kaboré. Ce mardi 20 octobre 2026, le pays y revient, avec force. Dans l’hémicycle, le vote a été sans appel : 71 voix pour, 0 contre.

Présenté par le Garde des Sceaux, le ministre Edasso Rodrigue Bayala, le nouveau Code pénal marque un durcissement sans précédent de la réponse pénale. Le texte, déjà validé en Conseil des ministres le 4 décembre 2025, élargit considérablement le champ d’application de la peine capitale.

Désormais, sont passibles de la mort, qu’on soit auteur ou complice : les actes de terrorisme, la haute trahison, l’espionnage, mais aussi, fait nouveau, l’importation de produits périmés ou prohibés ayant entraîné la mort. Une disposition qui vise directement les trafics mettant en danger la santé publique.

La réforme ne s’arrête pas là. Le nouveau Code s’attaque aussi frontalement à la criminalité économique et à l’insécurité routière. Il prévoit désormais la réclusion criminelle à perpétuité pour les détournements de fonds publics au-delà d’un certain seuil, assortie d’une amende égale au triple de la somme détournée. Les peines liées aux infractions routières ayant causé la mort sont également durcies.

Pour le ministre Bayala, l’objectif est clair : « renforcer l’ordre public, protéger les personnes et les biens, et adapter la loi pénale aux nouvelles formes de criminalité ». Un argumentaire qui fait écho au contexte sécuritaire extrêmement dégradé que traverse le pays depuis des années, marqué par la lutte contre les groupes armés terroristes.

Ce retour à la peine capitale constitue une rupture symbolique majeure. La dernière exécution au Burkina Faso remonte à 1988. Son abolition en 2018 avait été saluée à l’époque par la communauté internationale et les organisations de défense des droits humains comme une avancée historique.

Avec ce vote à l’unanimité, le Burkina Faso rejoint la liste des pays qui font le choix de la fermeté maximale. Reste à savoir si ce nouveau Code pénal, qui doit encore être promulgué, marquera le retour effectif des exécutions après plus de 38 ans d’interruption, et quelle sera la réaction des partenaires internationaux et des organisations abolitionnistes.

✍️ Prospère CAKPO (Stg)

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