juillet 10, 2026

VIOLENCE ÉCONOMIQUE DANS LE COUPLE: Un fléau invisible mais dévastateur

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Au Bénin, le Code des personnes et de la famille garantit à chaque époux le droit de choisir librement sa profession et stipule que les deux conjoints partagent les responsabilités matérielles et morales du foyer. Pourtant, dans la réalité, certains hommes abusent de leur position de force, privant leur conjointe de ces libertés. Plongée au cœur d’un phénomène complexe aux lourdes conséquences.

Empêcher sa femme de travailler ou confisquer ses revenus constitue une infraction. Le sociologue Augustin Tchabi rappelle que le cadre juridique béninois protège désormais explicitement les victimes : « La violence économique est prise en compte dans le cadre juridique de protection des femmes et des filles, notamment à travers la loi n° 2021-11 du 20 décembre 2021. »

Cette législation représente une avancée majeure pour les droits des femmes au Bénin, car elle pose des sanctions claires contre les auteurs d’abus. Le sociologue précise que « cette loi encourage la dénonciation des violences et renforce la responsabilité de leurs auteurs. »

Pourtant, malgré cet arsenal juridique, de nombreuses femmes subissent encore cette oppression en silence. « J’ai constaté que beaucoup de femmes ont conscience de leurs difficultés, mais elles hésitent à les dénoncer par crainte des conséquences familiales, sociales et économiques que la démarche pourrait avoir sur elles », déplore Augustin Tchabi.

Face à cette réalité, des voix masculines s’élèvent pour défendre l’équilibre des foyers. Cosme Oloukoue, soudeur et père de famille, soutient que le couple doit être un espace de respect, de dialogue et de solidarité, loin de tout esprit de domination. Pour lui, l’isolement et l’ego n’ont pas leur place dans un mariage : « Dieu n’est pas seul. Quelqu’un qui vit seul finit par être rempli de lui-même et orgueilleux. Il en vient à penser qu’il a tout construit tout seul. »

M. Oloukoue insiste sur le fait que la transparence et l’effort mutuel sont les piliers d’une vie de famille épanouie : « Si nous sommes honnêtes l’un envers l’autre, nous ne souffrirons pas. Mais si on se cache des choses, la souffrance nous attend. Les deux conjoints doivent participer pour qu’il y ait de l’harmonie et de la joie. C’est ainsi que chacun se sent valorisé dans son activité. »

Dans la même dynamique, le sociologue Augustin Tchabi invite les hommes à changer de regard : « Les maris doivent considérer leur épouse comme une partenaire à part entière. Les décisions importantes, notamment celles relatives aux finances, aux enfants et aux projets familiaux, doivent être prises en concertation. »

Il conclut en encourageant les femmes à s’informer sur leurs droits, à bâtir progressivement leur autonomie financière et à trouver le courage de briser le silence en cas d’abus. La stabilité et la paix d’un foyer ne peuvent se construire qu’à deux, dans le respect mutuel des contributions de chacun.

✍️ ALLOGBE Déodora (Stg)

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