PRÉCARITÉ UNIVERSITAIRE: La débauche, un refuge illusoire pour certaines étudiantes
L’obtention du baccalauréat marque le début d’une nouvelle vie, mais aussi d’une confrontation brutale avec les réalités universitaires. Loin du cocon familial, parfois livrées à elles-mêmes par manque de soutien ou par abandon des parents, de nombreuses jeunes filles se retrouvent démunies face aux charges quotidiennes. Loyer, nourriture, transport, fournitures : autant de dépenses qu’elles doivent désormais assumer seules.
Face à la cherté de la vie, certaines étudiantes choisissent de se tourner vers la débauche ou d’autres formes de commerce sexuel pour s’en sortir. Initialement venues sur le campus pour décrocher un diplôme, elles finissent par céder à la pression financière et se laissent instrumentaliser en échange d’argent.
Mérite, étudiante en première année à l’Institut Universitaire de Technologie (IUT), nuance la situation : si certaines cèdent au plaisir ou à la facilité, la majorité le fait par pur manque de moyens. « Toutefois, il faut chercher à comprendre sans juger », confie-t-elle.
Pour Huberte Amalin, mère au foyer, la responsabilité principale repose sur les épaules des parents. Selon elle, tout se joue en amont : « Tout dépend de l’éducation donnée à l’enfant. Après le bac, il faut continuer à encadrer les enfants et les éduquer correctement avant de les inscrire à l’université. »
Un avis partagé par Dieudonné, étudiant en troisième année de Lettres Modernes, pour qui la précarité ne justifie pas tout. « La prostitution n’est pas la seule issue. Ce n’est pas le chemin vers lequel il faut se tourner quand on est en difficulté, il faut trouver un travail», affirme-t-il.
Pour éviter d’en arriver là, d’autres étudiantes choisissent de multiplier les petits boulots. Dieudonné conseille d’ailleurs vivement cette alternative : « Faites des jobs pendant les vacances pour économiser, et dès que vous arrivez à l’université, cherchez rapidement une activité pour subvenir à vos besoins. »
L’isolement et les difficultés financières sont réels, mais ils ne doivent pas effacer les alternatives dignes qui s’offrent aux étudiantes pour réussir leur cursus.
✍️ Alvine ALLOGOGO (Stg)
