juillet 22, 2026

PARAKOU: La course effrénée à l’influence, une dérive qui inquiète

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Un smartphone dernier cri, une moto tendance et des milliers de vues : voilà le nouveau rêve d’une partie de la jeunesse de la capitale du Nord. Mais à quel prix pour les plus jeunes ?

À Parakou, le phénomène prend une ampleur inédite. Sur Facebook, Instagram et surtout TikTok, disposer d’un téléphone haut de gamme et d’un moyen de déplacement semble désormais suffire pour se proclamer « influenceur ». L’engouement est tel que des commerçants et des artisans n’hésitent plus à délaisser boutiques et ateliers pour se lancer dans la création de contenus, par la quête frénétique de likes, de vues et d’abonnés. De même, de jeunes diplômés, qui devraient prioritairement s’insérer sur le marché du travail, préfèrent tenter leur chance dans ce nouvel eldorado numérique.

Le constat le plus inquiétant reste toutefois l’opacité économique de cette activité, tout en affichant un train de vie ostentatoire et des équipements particulièrement coûteux. Une équation financière qui ne manque pas d’interpeller la population locale.

Il convient toutefois de ne pas tout amalgamer. Une frange de ces créateurs accomplit un travail véritablement professionnel. Ils accompagnent les entreprises dans leur communication, font la promotion du commerce local, mettent en lumière des personnes vulnérables, relaient les préoccupations des plus démunis et proposent des contenus éducatifs stimulants.

Cependant, une autre catégorie, bien plus visible, dicte désormais sa loi sur les réseaux. Son unique leitmotiv : faire le buzz à tout prix.

Sur TikTok : multiplication de défis dangereux et de provocations.

Sur Facebook et Instagram : mises en scène douteuses, « clashs » orchestrés et contenus dénués de toute portée éducative ou morale.

Dans cette arène, les algorithmes récompensent systématiquement le scandale, érigeant ainsi la provocation en modèle de réussite.

Face à ce constat, une interrogation centrale émerge : quelle est la responsabilité morale de ces figures publiques ? Prennent-elles la mesure de leur impact sur les adolescents et les esprits plus crédules, encore dépourvus du recul nécessaire ?

À force d’exposer la facilité, le strass et la popularité comme les seuls marqueurs du succès, quel message renvoie-t-on à la jeunesse ? Faut-il renoncer au travail, à la formation et à la patience au profit de l’exhibitionnisme et de la transgression ?

Sans une prise de conscience rapide, cette dynamique risque de transformer l’écosystème numérique en une fabrique d’illusions, accélérant la dépravation des mœurs chez les plus jeunes.

Il y a aujourd’hui urgence à agir. Autorités compétentes, associations, médias et parents doivent conjuguer leurs efforts pour encadrer cette pratique à travers trois piliers essentiels :

Sensibiliser aux risques des dérives numériques.

Réguler le secteur pour protéger les usagers.

Responsabiliser les créateurs de contenus.

Créer du contenu et influencer peut être un métier noble et constructif. Mais il doit impérativement s’inscrire dans un cadre éthique, responsable et d’utilité publique. Car c’est désormais derrière les écrans que se dessine l’avenir de toute une génération.

✍️ Joseph HOUNKPATIN (Stg)

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