UNIVERSITÉS PUBLIQUES DU BÉNIN: Coup de rabot sur les bourses dans six filières à Parakou
Pour l’année académique 2026-2027, le Ministère de l’Enseignement supérieur resserre les écrous. Six filières littéraires et juridiques de l’Université de Parakou (UP) sont désormais privées d’allocations universitaires. Un virage budgétaire qui force les nouveaux bacheliers à réévaluer leurs choix de carrière.

C’est un véritable coup de massue pour des milliers de nouveaux bacheliers. À l’Université de Parakou, la rigueur budgétaire frappe de plein fouet les formations théoriques. L’État a officiellement coupé les robinets des allocations d’études pour six parcours précis : le Droit (FDSP) ainsi que l’Allemand, l’Espagnol, la Sociologie, l’Arabe et la Géographie (FLASH).
Pour les étudiants qui s’engagent dans ces voies, la réalité financière s’annonce brutale. Les allocataires devront faire sans la bourse mensuelle de l’État et se contenter, au mieux, de secours universitaires ponctuels et restreints. Inscription, logement, restauration et fournitures : tout sera désormais à la charge exclusive des familles.
Derrière cette décision se cache une réorientation stratégique majeure de la politique éducative nationale. Le gouvernement choisit de réduire le soutien financier aux cursus dits « généralistes » pour réinjecter les ressources publiques dans les filières jugées prioritaires : sciences appliquées, ingénierie, numérique, santé et formations professionnelles.
Concrètement, un bachelier optant pour le Droit ou la Sociologie devra assumer seul ses coûts d’études, tandis que son camarade orienté en Mathématiques, en Informatique, en Agronomie ou en Médecine continuera de bénéficier de l’appui financier de l’État.
À l’Université de Parakou, ces filières accueillaient jusqu’ici un vivier important d’étudiants issus des séries littéraires (A et B), souvent originaires de milieux modestes pour qui la bourse constituait un filet de sécurité indispensable.
Ce désengagement de l’État laisse craindre deux conséquences directes : une hausse du taux d’abandon chez les étudiants défavorisés, ou un report par dépit vers des filières scientifiques ou techniques non choisies, uniquement dicté par le besoin d’obtenir une bourse.
Le nouveau guide d’orientation trace une frontière nette entre les parcours financés et les autres. Les allocations restent maintenues dans les secteurs clés suivants :
Sciences et Technologies : Mathématiques, Physique, Chimie, Biologie, Informatique, Ingénierie, Agronomie.
Santé : Médecine, Pharmacie, Métiers de sage-femme, ISBA.
Sciences de l’Éducation : Écoles Normales Supérieures (ENS) pour la formation des enseignants (Maths, PCT, SVT, Français).
Filières professionnelles ciblées : Économie, Gestion, Tourisme.
L’accès à l’enseignement supérieur s’ouvre ainsi sur une nouvelle ère où la passion s’efface parfois devant le pragmatisme économique. En 2026, plus que jamais, les nouveaux bacheliers devront éplucher attentivement les conditions d’attribution des aides avant de valider leurs vœux d’orientation, sous peine de s’engager dans un parcours du combattant financier.
Prospère CAKPO (Stg)
