AFFAIRE FAYÇAL SAMBA: Le verdict tombe au TPI de Parakou
Le Tribunal de première instance de première classe de Parakou a rendu son délibéré ce lundi 27 avril 2026 au sujet du décès de Fayçal Samba Gani Ouorou. Au terme d’un marathon judiciaire de neuf heures environ, six fonctionnaires de police ont été fixés sur leur sort.
Initialement reportée, l’audience s’est tenue dans une salle d’audience comble, sous le regard de la famille de la victime et de nombreux citoyens venus réclamer justice. Les faits remontent à la nuit du 18 au 19 novembre 2024, date à laquelle le jeune homme a perdu la vie dans des circonstances troubles impliquant les forces de l’ordre.
À la barre, les récits des accusés se sont heurtés aux déclarations poignantes de deux témoins oculaires :
Un riverain a rapporté avoir entendu des appels « au secours » aux alentours de 2 heures du matin.
Un compagnon de la victime a décrit une interpellation musclée motivée par la réquisition du téléphone portable de Fayçal, précisant avoir fui après avoir vu ce dernier subir des violences physiques.
Le père du défunt a également témoigné de l’incompréhension de la famille. Initialement informé d’un décès par accident de la route, il avait finalement découvert l’hypothèse d’une bavure policière via les réseaux sociaux, déclenchant ainsi l’action judiciaire.
Le procureur de la République a établi une distinction nette entre les chefs d’accusation :
Quatre agents poursuivis pour coups et blessures volontaires.
Deux agents, dont un commissaire, poursuivis pour recel de cadavre.
Le ministère public avait requis une peine de 10 ans de réclusion pour cinq des prévenus et 2 ans d’emprisonnement ferme contre le commissaire.
Le tribunal a finalement opté pour une sentence plus modérée que les réquisitions du parquet. Le verdict se décompose comme suit :
Peines de prison : Les condamnés écopent de peines allant de deux mois à sept ans de prison ferme, selon leur degré d’implication.
Réparations civiles :
Le tribunal a ordonné le versement d’une amende collective de 5 millions de francs CFA. Cette somme reste bien en deçà des 100 millions de francs CFA sollicités par les ayants droit.
Sur fraternité FM, le Père du défunt clame son insatisfaction face à la décision de la justice précisant que, même s’il ferait appel, le karma existe.
La famille de la victime dispose ainsi donc d’un délai légal de 15 jours pour interjeter appel de cette décision. Les prévenus ont, de leur côté, trois mois pour s’acquitter des amendes prononcées.
