CYBERCRIMINALITÉ ET SÉCURITÉ: Le CNIN et INTERPOL démantèlent un réseau international de microcrédits illégaux

0
IMG-20260626-WA0056

Crédit en 30 secondes, enfer pendant des mois. À Cotonou, le Centre national d’investigations numériques (CNIN) vient de frapper un grand coup. Avec l’appui d’INTERPOL, les enquêteurs ont démantelé un vaste réseau de microcrédits illégaux qui piégeait les citoyens béninois à travers cinq applications mobiles. Derrière la promesse d’un argent facile se cachait une réalité sombre : harcèlement moral, chantage, vol de données personnelles et menaces de mort.

Promettre des liquidités en quelques clics pour mieux transformer le smartphone de l’emprunteur en arme de destruction sociale : tel était le mode opératoire de cette organisation internationale. L’opération policière s’est soldée par plusieurs interpellations majeures, dont trois ressortissants asiatiques, cerveaux présumés de cette entreprise criminelle.

L’engrenage était redoutable de simplicité. Tout commençait par le téléchargement de l’une des cinq applications ciblées par la justice : ZeroInquietude, BoltLoan, OuiPret, CreditInstantane, LePret.

Pour obtenir ce « crédit sans condition », l’utilisateur devait obligatoirement accorder à l’application l’accès total à son répertoire de contacts, sa galerie photo et ses messages privés. Une fois les fonds débloqués, le piège se refermait.

L’info en plus : Les taux d’intérêt imposés par ce réseau étaient si usuraires qu’ils rendaient le remboursement de la dette initialement contractée techniquement impossible.

Dès le premier retard de paiement, des centres d’appels clandestins entraient en scène. Basées au Bénin et dans plusieurs pays de la sous-région, ces plateformes employaient des jeunes locaux comme « téléconseillers » ou « agents de recouvrement ». Leur mission ? Passer à l’offensive psychologique.

Harcèlement téléphonique en boucle, SMS injurieux, menaces de mort et chantage à la diffusion de photos intimes ou truquées auprès de l’entourage de la victime… Tous les moyens étaient bons pour extorquer des sommes d’argent artificiellement gonflées.

Face à la prolifération de ces pratiques, le CNIN tape du poing sur la table et lance une alerte de sécurité publique :

« Ne jamais installer une application de prêt qui réclame l’accès à vos données personnelles ».

L’institution invite instamment toutes les victimes de ces réseaux à rompre le silence et à porter plainte auprès de ses services afin de neutraliser définitivement les ramifications encore actives.

Le crédit facile a un coût caché : celui de votre vie privée. Aucune urgence financière ne justifie de sacrifier sa tranquillité et la sécurité de ses proches. Si ce réseau est tombé, d’autres applications-pièges continuent de circuler. Plus que jamais, la vigilance reste la meilleure des protections.

✍️ Prospère CAKPO

Noter ce.t post

À propos de cet auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *