NOUVELLE DYNAMIQUE POLITIQUE AU BÉNIN: Les sénateurs installés, place aux priorités
24 des 25 sénateurs élus ont officiellement pris leurs fonctions lors d’une cérémonie solennelle marquée par le discours de la doyenne d’âge, Élisabeth Pognon. Désormais installés pour un mandat de cinq ans renouvelable, les parlementaires doivent accomplir plusieurs étapes clés avant le lancement effectif des travaux.

L’installation officielle ouvre une phase transitoire cruciale au sein de l’hémicycle. Les hauts décideurs vont dans un premier temps se réunir pour élaborer et adopter le règlement intérieur de la haute institution.
Conformément à la procédure constitutionnelle, ce texte sera ensuite transmis à la Cour constitutionnelle pour un examen de conformité. Une fois le feu vert de la haute juridiction obtenu, les sénateurs procéderont à l’élection du Bureau du Sénat, étape finale indispensable avant la tenue des premières sessions ordinaires.
Bien que le Sénat ne possède pas l’initiative des lois un privilège réservé au gouvernement et à l’Assemblée nationale, son rôle au cœur de l’appareil d’État s’avère stratégique :
Le Sénat travaillera en concertation étroite avec l’Assemblée nationale pour garantir la légitimité des textes. En cas d’objection de sa part, la loi devra être réexaminée pour prendre en compte ses propositions avant toute promulgation.
Sous réserve des dispositions de l’article 90 de la Constitution, la chambre haute est investie d’un pouvoir d’encadrement des acteurs politiques. Elle peut prononcer des sanctions allant de la suspension au retrait des droits politiques ou civiques contre les acteurs politiques à l’exception du Président de la République, du Président de l’Assemblée nationale et du Président du Conseil économique et social. Cette mesure s’applique en cas d’actes susceptibles de porter atteinte à l’unité nationale, la sécurité, la démocratie, la paix ou la stabilité du pays.
La cérémonie a été marquée par l’unique discours d’installation, prononcé par la doyenne d’âge, Élisabeth Pognon. Revenant sur l’histoire institutionnelle du Bénin, elle a rappelé le contexte et la portée de cette institution :
« En tenant compte des nombreuses tribulations politiques et institutionnelles qu’a connues notre pays, les rédacteurs de la Constitution du 11 décembre 1990 ont, à juste titre, perçu la nécessité d’un organe de régulation du fonctionnement des institutions et ont imaginé, à ce moment-là, la création de la Cour constitutionnelle. Notre vivre-ensemble n’est pas pris en compte dans tous ses aspects par les attributions de cette institution. C’est pour cela que le besoin s’est fait sentir de créer un autre organe pour compléter les parties non prises en compte. »

Avec leur installation pour un mandat de cinq ans renouvelable, les sénateurs sont désormais aux commandes pour assurer cette mission de régulation et de stabilité démocratique.
✍️ Yaovi Angélo HOUNDJO
