JOURNÉE MONDIALE DES VEUVES: Awawou Bagnan Zimé entre la croix et la bannière
(L’histoire téméraire de l’Amazone)
Du haut de sa taille d’un mètre soixante-deux (1m 62) environ, le teint clair et la soixantaine épanouie, Awawou BAGNAN ZIMÉ s’exprime dans un français impeccable. Femme de conviction et profondément engagée en politique, dame Awawou BAGNAN ZIMÉ porte pourtant sur ses épaules le poids d’un combat invisible. Veuve depuis dix ans, sa vie a basculé en 2015 au décès de son époux. Aujourd’hui coordonnatrice de l’Association des veuves solidaires du Bénin, elle incarne la résilience face à la précarité qui guette des milliers de femmes.
La disparition d’un mari signifie presque toujours la perte du revenu principal. Du jour au lendemain, les veuves deviennent les seules responsables des charges du quotidien : loyer, scolarité, nourriture, soins de santé.
Beaucoup doivent apprendre à gérer un budget qu’elles ne maîtrisaient pas, à négocier avec les propriétaires et à réinventer leur quotidien pour survivre. Les journées s’allongent entre le travail, l’éducation des enfants, les tâches domestiques et les démarches administratives. Pour elles, le repos est devenu un luxe.
« Aujourd’hui, je suis devenue papa, maman, sœur, grande sœur, oncle… je suis tout dans la maison », confie dame Awawou avec amertume.
Seule face aux défis de la vie, elle multiplie les rôles et se bat ardemment pour subvenir aux besoins de sa famille. Pas question pour elle de baisser les bras : « Je ne reste pas les bras croisés, je cherche à me débrouiller. Je fais du petit commerce, des activités de ce genre pour nous aider », affirme-t-elle avec dignité.
À travers l’Association des veuves solidaires du Borgou, l’objectif de dame Awawou est clair : amener le gouvernement et les administrations à écouter la détresse de ces femmes laissées pour compte et à agir pour leur protection sociale.
En cette Journée mondiale des veuves, elle a tenu à lancer un appel vibrant à la jeune génération. Elle invite les jeunes filles à se battre pour acquérir leur autonomie financière. Son conseil d’aînée sonne comme un avertissement : il faut pouvoir s’assumer seule, car nul ne sait de quoi demain sera fait. Face aux aléas de la vie, l’indépendance n’est plus un choix, c’est une arme de survie.
Alvine ALLOGOGO et Azoumi KORA (Stgs)
