ALERTE ENVIRONNEMENTALE À PARAKOU: Le Bas-fonds Dokparou-Est – Ganré au Bord du Gouffre
Depuis près de deux mois, une exploitation anarchique de sable de rigole dans le bas-fonds reliant Dokparou-Est à Ganré menace la sécurité des riverains. Entre risques de noyade pour les enfants et menaces d’inondations dévastatrices, le quartier retient son souffle à l’approche des grandes pluies.
C’est un spectacle désolant qui s’offre désormais aux passants. Ce bras de terre, crucial pour l’évacuation des eaux de la cité des Koburu, est devenu le théâtre d’un ballet incessant d’hommes s’adonnant au ramassage de sable de rigole. En creusant de manière désordonnée, ces individus ont modifié la topographie naturelle du site.

Résultat : le drainage des eaux de ruissellement, qui proviennent de toute la ville de Parakou, ne se fait plus normalement. Les premières pluies de la saison ont déjà donné l’alerte. Là où l’eau circulait librement, elle stagne désormais dans des crevasses béantes, transformant le bas-fonds en une succession de mares artificielles et dangereuses.
Le constat sur le terrain est effrayant. Ces nouveaux points d’eau stagnante sont devenus, malgré eux, des lieux de loisirs pour les tout-petits du quartier. Ignorant les risques, de nombreux enfants s’y adonnent à la natation.
« Nous avons peur pour nos enfants. Ce qui ressemble à une aire de jeux est en réalité un piège mortel. Le risque de noyade est réel et imminent », s’inquiète un riverain jardinier sous le sceau de l’anonymat.
Au-delà du risque immédiat de noyade, c’est toute la zone qui est frappée par une dégradation avancée. En entravant le passage naturel de l’eau, ces excavations préparent le terrain pour des inondations majeures. Si rien n’est fait avant l’installation définitive de la saison des pluies, le débordement des eaux vers les habitations environnantes pourrait causer des dégâts matériels importants, voire des pertes en vies humaines.
Face à ce désordre environnemental, une interrogation persiste et alimente toutes les conversations à Dokparou-Est : qui a autorisé une telle exploitation ?
S’agit-il d’une initiative personnelle et isolée d’individus en quête de gain facile, ou d’une autorisation occulte émanant d’une autorité locale ? Jusqu’à présent, aucune plaque officielle ni présence d’agents municipaux ne vient justifier ces travaux.
L’urgence est là. Les populations de Dokparou-Est et de Ganré appellent la municipalité de Parakou et les services environnementaux à descendre sur les lieux pour faire cesser ce massacre écologique avant que le ciel ne gronde plus fort.
