IMBROGLIO AUTOUR DE LA PRESTATION DE SERMENT DU PRÉSIDENT ÉLU: La Cour constitutionnelle rejette le recours
Saisie d’un recours visant à faire constater l’impossibilité de réunir le bureau du Sénat pour la prestation de serment du président élu le 24 mai prochain, la Haute juridiction a rendu son verdict ce mardi 5 mai 2026. Verdict : l’irrecevabilité.
C’est une décision qui était attendue par les béninois, la classe politique et les constitutionnalistes. Réunie en plénière spéciale ce mardi, la Cour constitutionnelle a tranché le contentieux relatif à l’organisation de la cérémonie d’investiture du successeur de Patrice Talon.
Au cœur de la discorde, se trouve un recours déposé le 28 avril dernier. Le requérant alertait la Haute juridiction sur une entorse potentielle à la Loi fondamentale. En effet, l’article 53 de la Constitution béninoise dispose que : «le serment du Président élu doit être reçu par le président de la Cour constitutionnelle devant un parterre institutionnel précis : les membres de la Cour, l’Assemblée nationale, la Cour suprême, la Cour des comptes, mais aussi le bureau du Sénat.»
Or, le recours pointait une « impossibilité matérielle » : à l’heure actuelle, le bureau du Sénat ne peut être réuni pour assister à la prestation de serment de Romuald Wadagni, prévue le 24 mai. Pour le requérant, cette absence remettait en cause la conformité constitutionnelle de l’acte solennel.
L’examen de la requête n’aura pas permis d’entrer dans le débat de fond. La Cour constitutionnelle a déclaré le recours irrecevable, se fondant sur un argument de procédure : la qualité du requérant.
Selon les sages, l’individu à l’origine de la saisine n’est pas habilité à interpeller la Cour sur ce type de problématique institutionnelle. La Haute juridiction a rappelé une règle stricte : seuls les organes et les institutions de la République possèdent la compétence juridique nécessaire pour introduire un recours visant à faire constater un tel dysfonctionnement institutionnel.
Si la décision de la Cour met fin à cette procédure spécifique, elle ne dissipe pas pour autant les nuages qui s’amoncellent sur la cérémonie du 24 mai. En l’absence d’une saisine par une institution habilitée d’ici l’investiture, une question demeure sur toutes les lèvres : la prestation de serment sera-t-elle valide malgré l’absence d’une des composantes exigées par la Constitution ?
À quelques semaines de la passation de pouvoir au sommet de l’État, le débat juridique reste donc entier dans l’opinion publique et les états-majors politiques.
