CINÉMA AFRICAIN: Osée Adamassou sort de son hibernation avec « Yayi Tissougui »
Après une période de silence créatif, le cinéaste Osée Adamassou signe son grand retour. Retenu au milieu de quatre concurrents pour une résidence d’écriture prestigieuse, il s’immerge dans l’univers des tisaneuses avec un projet ambitieux qui interroge la place de nos savoirs ancestraux face à l’assaut de la modernité.
La plume cinématographique d’Osée Adamou n’a pas dormi. Le monde du septième art béninois frémit de nouveau. Osée Adamassou, dont on guettait la résurgence après une courte éclipse, vient de poser ses valises en résidence de création. Ce retrait du monde n’était donc qu’une chrysalide : l’artiste en ressort avec un projet cinématographique qui promet d’être aussi thérapeutique que le sujet qu’il traite.
Ceux qui craignaient que le cinéaste ait rangé sa caméra peuvent se rassurer. Ses œuvres ressurgissent aujourd’hui pour raconter une nouvelle histoire, plus intime et plus profonde. Cette résidence n’est pas qu’une étape technique ; c’est le laboratoire où Adamassou peaufine sa narration pour donner vie à une figure emblématique de nos marchés et de nos quartiers : la vendeuse de tisane.
Au cœur de ce nouveau film, il y a «Yayi Tissougui», la gardienne des feuilles. À travers le portrait de cette femme, Osée Adamassou ne se contente pas de filmer des plantes infusées. Il met en lumière un patrimoine immatériel en péril. Yayi est le pont entre une nature généreuse et une humanité en quête de guérison.
Le film explore une tension universelle : comment préserver ce savoir ancestral, transmis à l’oreille et par la main, dans un monde dominé par la vitesse et la standardisation moderne ? « Yayi Tissougui » se veut le plaidoyer visuel d’une identité qui refuse de s’éteindre sous les néons de la pharmacopée industrielle.
« Ce n’est pas seulement un film sur la tisane, c’est un film sur la mémoire. Si Yayi s’arrête de préparer ses potions, c’est une bibliothèque entière qui brûle dans l’indifférence de la modernité » a-t-il déclaré au journal.
Le choix d’Osée Adamassou pour cette résidence confirme la pertinence de sa démarche artistique. En choisissant de s’arrêter sur les détails du quotidien et les savoirs « silencieux », il s’inscrit dans une lignée de cinéastes sentinelles.
Alors que les premières lignes du scénario se fixent sur le papier, le public, lui, attend déjà de voir comment la poésie visuelle d’Adamassou sublimera les vapeurs des chaudrons de Yayi. Une chose est sûre : le retour du cinéaste marque le début d’une aventure cinématographique qui fera date.
