CÉLÉBRATION DE LA TABASKI: Quand le partage et l’unité brisent les barrières religieuses

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Chaque année, la célébration de la Tabaski offre le spectacle d’une communion humaine qui dépasse largement le cadre de la communauté musulmane. Au-delà des prières et des rituels spirituels, cette « Fête » s’affirme comme un puissant vecteur d’amour du prochain, d’unité nationale et de solidarité universelle. Un modèle de vivre-ensemble dont notre époque a profondément besoin.

La tradition est immuable, mais sa portée sociale reste extraordinaire : après l’immolation, la viande du mouton est divisée en trois parts égales. L’une pour la famille, la deuxième pour les proches et les voisins, et la troisième, impérativement, pour les personnes démunies.

Dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et d’ailleurs, ce partage ne s’arrête pas aux frontières de la foi. Il est courant de voir des familles chrétiennes s’inviter à la table de leurs voisins musulmans, ou recevoir des parts de viande soigneusement réservées. Ce geste, simple en apparence, est en réalité un acte politique et social fort. Il rappelle que la faim n’a pas de religion, et que le voisinage crée des devoirs de fraternité que les dogmes ne sauraient diviser.

La Tabaski est aussi le moment d’un retour aux sources. Les gares routières se remplissent, les familles se regroupent, les générations se croisent sous un même toit. C’est le triomphe de la cellule familiale et de l’harmonie retrouvée.

Dans un monde souvent marqué par l’individualisme, cette unité affichée sonne comme une leçon de vie. Les plus aisés soutiennent les plus modestes pour que personne ne soit exclu de la fête. C’est l’illustration parfaite de cet adage populaire et spirituel : « À celui qui donne de bon cœur, il ne manquera jamais de rien. » La générosité n’y est pas perçue comme un appauvrissement, mais comme un investissement sur l’avenir et une bénédiction pour le foyer.

« La Tabaski nous rappelle que notre humanité commune est plus forte que nos différences de croyances. »

Alors que les tensions et les replis identitaires traversent parfois nos sociétés, l’esprit de la Tabaski montre une autre voie : celle d’une laïcité positive et d’un dialogue interreligieux par les actes, et non par les grands discours.

En ouvrant leurs portes et en partageant leur repas avec des chrétiens, des non-croyants ou des personnes de toutes origines, les musulmans transforment une prescription religieuse en une fête nationale de la fraternité. C’est une œuvre de paix sociale, un moment suspendu où l’amour du prochain prend tout son sens, et où la joie se multiplie à mesure qu’elle est partagée.

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