CRI D’ALERTE À PARAKOU: L’enfance en péril sur le bitume

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Le spectacle est devenu si commun qu’il finit par se fondre dans le décor urbain, et pourtant, il est le signe d’une crise sociale profonde. À Parakou, du quartier Alaga à Banikanni en passant par Dokparou-Est, ils sont des dizaines, parfois âgés de moins de sept ans, à braver quotidiennement les dangers de la circulation pour se rendre à l’école ou simplement errer, sans la moindre surveillance parentale.

Dans une ville où le trafic des motos, des tricycles et des gros porteurs est dense, voir des enfants en bas âge traverser seuls les grandes artères est une source d’angoisse permanente pour les usagers de la route. « On évite d’écraser un enfant presque tous les matins », confie un conducteur de taxi-moto.

Mais au-delà de la sécurité routière, c’est un autre péril, plus sournois, qui guette ces enfants : celui de l’insécurité alimentaire et sanitaire. Le constat est glaçant. Sur le chemin de l’école, on observe des enfants ramasser des restes de nourriture jetés au sol par des passagers. Ce geste, dicté par une faim que l’on imagine tenace, les expose à des maladies hydriques graves, des intoxications et une dégradation de leur dignité avant même d’avoir atteint l’âge de raison.

Si la pauvreté est souvent brandie comme explication, elle ne saurait tout justifier. Pour de nombreux observateurs locaux, il s’agit d’un véritable relâchement de la responsabilité parentale.

« Confier un enfant à la rue, c’est l’abandonner à son sort. La pauvreté ne doit pas effacer l’instinct de protection », martèle un parent d’élève venu déposer son enfant à l’EPP Wokodorou.

Face à ce phénomène, l’urgence est double :

La sensibilisation : Les autorités municipales et les chefs de quartiers doivent mener des campagnes de proximité pour rappeler aux parents leurs obligations légales et morales.

La protection : Un renforcement de la présence policière aux abords des écoles aux heures de pointe et une prise en charge des enfants en situation d’errance critique par les services sociaux.

Parakou ne peut aspirer à être une métropole moderne si sa jeunesse, son avenir, est livrée à la poussière et au danger du bitume.

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