avril 15, 2026

FIN DU RAMADAN CE VENDREDI AU BÉNIN: L’éternel défi de « l’après » consécration

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Le communiqué de l’Union Islamique du Bénin (UIB) est tombé : la lune a livré son verdict. Ce vendredi 20 mars 2026, la communauté musulmane célébrera l’Aïd el-Fitr. Mais alors que les rideaux tombent sur un mois de privations et de ferveur, une question lancinante demeure : que restera-t-il des bonnes résolutions une fois les festivités passées ?

Depuis trente jours, le paysage social du Bénin a changé de visage. Entre piété affichée, solidarité agissante et discipline de fer, les fidèles musulmans ont semblé vêtus d’un nouvel habit moral. Les mosquées n’ont pas désempli et l’élan de partage a touché toutes les couches de la société, rappelant que la foi, lorsqu’elle est vécue avec sincérité, est un puissant moteur de cohésion sociale.

Cependant, cette parenthèse de sainteté soulève une interrogation quasi rituelle à chaque fin de jeûne : les vieux démons sont-ils définitivement terrassés ou simplement en congé ?

L’inquiétude n’est pas infondée. L’histoire des lendemains de fête est souvent celle d’un retour brutal aux mauvaises habitudes. Corruption, médisance, incivisme routier et relâchement éthique : le risque est grand de voir la « parenthèse enchantée » se refermer pour laisser place aux travers que le Ramadan était censé corriger.

« Le jeûne n’est pas une performance annuelle, c’est un entraînement pour la vie », rappelle Ibn Daoud Soumaïla Tazzief Minhas, fidèle musulman de la place. « Si la piété s’arrête au soir de l’Aïd, c’est que l’on a faim de nourriture, mais pas de justice. »

Le défi pour 2026 sera de transformer l’effort éphémère en une éthique permanente. Les « vieux démons » qu’ils soient individuels ou collectifs, ne resurgiront que si le vide s’installe. Pour beaucoup de citoyens, ce 20 mars ne doit pas être la fin d’un parcours, mais le point de départ d’une citoyenneté plus responsable et d’une intégrité renouvelée.

Alors que les familles s’apprêtent à partager le repas de la rupture dans l’allégresse, le véritable succès de ce Ramadan se mesurera non pas à la qualité des mets, mais à la persistance des sourires et de l’honnêteté dans les bureaux, les marchés, les mosqués, en circulation et les foyers dès lundi prochain.

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