MUTINERIE DE NIAMEY: Le récit controversé du capitaine Roger Gabriel
Quelques jours après les affrontements des 28 et 29 août à la base aérienne 101 de Niamey, le capitaine Roger Gabriel a livré sa version des faits. Écartant l’hypothèse d’une attaque djihadiste, l’officier décrit des combats internes entre le BSR-COS et la Garde présidentielle, tout en accusant plusieurs hauts officiers d’avoir voulu le rallier à la cause mutine.
Dans son compte-rendu, le capitaine affirme avoir reçu de multiples appels provenant de France, de Belgique, de Dubaï et du Tchad. Il met en cause des proches de l’ancien président Mohamed Bazoum ainsi que des officiers tchadiens, évoquant une tentative de déstabilisation soutenue par des forces étrangères et plusieurs pays de la région (Bénin, Côte d’Ivoire, France). Des allégations immédiatement et formellement démenties par N’Djamena.
Si la déclaration tente de donner une ampleur diplomatique à l’événement, plusieurs éléments interrogent :
Une lecture appuyée : L’officier s’est exprimé en lisant l’intégralité de ses notes, un procédé curieux pour restituer des conversations téléphoniques directes.
Un rôle central disproportionné : La concentration de tous ces appels stratégiques sur sa seule personne, au cœur de la nuit, suscite de fortes réserves quant à la véracité de ses propos.
Faute de preuves concrètes, ce témoignage ressemble davantage à un récit orienté qu’à un constat établi. L’enquête devra déterminer s’il s’agit d’une tentative de manipulation politique ou d’un réel complot transfrontalier.
Joseph HOUNKPATIN
