SALUBRITÉ URBAINE: Parakou étouffe sous les dépotoirs sauvages
Troisième ville à statut particulier du Bénin, Parakou fait face à un défi environnemental majeur. Malgré les multiples campagnes de salubrité initiées par les autorités locales pour embellir la municipalité, plusieurs quartiers continuent de crouler sous des montagnes de déchets ménagers. Face à cette situation alarmante, une question se pose avec insistance : ces dépotoirs à ciel ouvert sont-ils le fruit de l’incivisme des populations ou la conséquence d’un manque criant de sensibilisation ?
Le constat sur le terrain est sans appel. En dehors des espaces officiellement dédiés à la collecte, d’énormes tas d’ordures jonchent les ruelles, encerclent les habitations et colonisent les abords des grands axes routiers. Ce décor s’accompagne de nuisances insupportables : restes de nourriture en décomposition dégageant des odeurs nauséabondes, nuées de sachets plastiques légers, bouteilles en verre brisées constituant de réels dangers pour les passants, et défécation à l’air libre.
Cette insalubrité chronique favorise la prolifération de vecteurs de maladies tels que les mouches et les moustiques, qui dictent leur loi dans les ménages. Le phénomène s’aggrave dramatiquement en saison pluvieuse : les déchets obstruent les caniveaux et bloquent les voies de ruissellement, provoquant des inondations évitables dans plusieurs localités de la ville.
Pour justifier ces comportements, certains habitants pointent du doigt le coût jugé trop élevé des abonnements aux services de pré-collecte, ou encore l’éloignement des points de regroupement des déchets. Cependant, l’analyse des faits révèle une réalité plus profonde : l’incivisme caractérisé, le boycott des journées de salubrité et l’ignorance des impacts environnementaux restent des facteurs déterminants.
Du côté des acteurs de la gestion des déchets, le tableau n’est pas plus reluisant. Les agents de collecte font face à de lourdes contraintes logistiques et à un manque criant d’infrastructures adéquates. Pour inverser la tendance, il urge que les autorités communales fassent preuve d’une fermeté absolue en appliquant des sanctions rigoureuses contre les contrevenants, tout en dotant la ville d’équipements de gestion durable.
Invoquer la simple négligence ou le manque de sensibilisation ne suffit plus à expliquer l’ampleur du phénomène. Pour que la cité des Kobourou préserve son éclat, sa santé publique et son statut de métropole économique du septentrion, une synergie d’actions est indispensable. La reconquête de la salubrité à Parakou passera impérativement par une prise de conscience collective et une responsabilité partagée entre les citoyens, les leaders communautaires et la municipalité.
✍️ Edwige DADEDJI (Stg)
