juillet 8, 2026

AGENCES DE SÉCURITÉ AU BÉNIN: Entre vigilance, risques et sacrifices, le triste quotidien des gardiens de nuit

0
IMG-20260708-WA0015

Déployés sur l’ensemble du territoire national, les services de sécurité privée jouent un rôle essentiel dans la protection des personnes et des biens. Ce métier exigeant, qui requiert une vigilance de chaque instant, expose ceux qui l’exercent à de multiples dangers : agressions à main armée, intempéries et bien d’autres risques nocturnes. Pourtant, le grand public ignore souvent les réalités et les sacrifices de ces hommes qui veillent quand le pays dort. Le journal Bénin Best News est allé à leur rencontre.

Être agent de sécurité, c’est avant tout accepter de bousculer son horloge biologique pour garantir la sûreté des entreprises et des habitations. « Toutes les 30 minutes, il faut se lever, inspecter les alentours et allumer la lampe torche pour dissuader d’éventuels cambrioleurs et leur montrer que nous sommes aux aguets. En clair, nous ne dormons pas de la nuit », confie le sieur Traoré, agent de sécurité.

Au-delà de la menace humaine, la nature elle-même impose son lot de difficultés. Les veilleurs de nuit doivent composer avec les éléments et l’insalubrité. « En réalité, la nuit, c’est Dieu qui nous garde. Nous sommes en permanence exposés aux piqûres de moustiques et à la fraîcheur », témoigne Zimé Kora, un autre agent.

Pour faire face à l’imprévu, la préparation est autant spirituelle que matérielle. Qu’ils se confient à Dieu ou qu’ils invoquent les divinités du Vodoun selon leurs croyances, ces agents ne laissent rien au hasard. « En plus des prières, nous disposons de bâtons, de torches et de cartouches de défense réservées aux situations d’extrême gravité », précise Zimé.

Sur le terrain, l’efficacité repose également sur la cohésion d’équipe et la stratégie. Pour tenir la distance et éviter le piège de la somnolence, certains optent pour le système des quarts. « Grâce à notre vigilance et à notre organisation, nous parvenons à tenir les dangers à distance. Nous fonctionnons par roulement : une heure de patrouille suivie d’une heure de repos. Cela limite la fatigue et nous permet de rester performants », explique Idrissou Iliassou. Du côté de Traoré Kadri, la réactivité est immédiate : « Dès qu’une personne adopte un comportement suspect ou multiplie les va-et-vient, nous l’interpellons et l’interrogeons pour l’éloigner du périmètre. »

Malgré ce travail à haut risque, ces agents ne sont pas rémunérés à la hauteur de leurs efforts. À cela s’ajoutent parfois des écarts de langage qui blessent et dévaluent leur dévouement. « Je ne suis pas bien payé et, parfois, mon salaire tarde à venir. Mais je suis toujours là chaque nuit. Les enfants qui vous parlent mal, le patron ou la patronne qui s’adresse à vous selon son humeur… Vraiment, ce n’est pas facile », confie sous anonymat un agent de sécurité.

Le travail des agents de sécurité privée est une œuvre d’utilité publique qui mérite reconnaissance et respect. En acceptant de s’éloigner de leur famille et de sacrifier leur santé, ces hommes demeurent les sentinelles indispensables de notre tranquillité économique et sociale.

✍️ Christian AKPAKPA (Stg)

Bénin Best News, la meilleure information plus proche de vous !

Noter ce.t post

À propos de cet auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *