GRATUITÉ DE LA SCOLARITÉ DES FILLES AU BÉNIN: Pourtant l’éducation n’a pas de genre

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C’est une avancée historique qui a été unanimement saluée au sein de l’opinion publique béninoise. Après l’exonération des frais de scolarité au primaire, le président de la République a franchi un cap décisif en actant la gratuité de l’enseignement secondaire pour les filles. Une mesure forte, ancrée dans une dynamique nationale de promotion de la gent féminine et de lutte contre le décrochage scolaire des jeunes filles, trop souvent victimes d’arbitrages financiers familiaux défavorables.

Pourtant, si la noblesse et l’impact social de cette décision ne souffrent d’aucune contestation, elle soulève, en filigrane, une question de droit fondamentale qui mérite d’être posée dans l’espace public : celle de l’égalité de tous les citoyens devant la loi.

Le principe d’égalité à l’épreuve des réalités

La Constitution béninoise est claire : tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. En ciblant exclusivement un genre pour l’accès gratuit à l’instruction, cette politique, aussi bienveillante soit-elle, crée de fait une forme de discrimination positive. Si cette dernière est un outil classique pour corriger des inégalités historiques, elle ne doit pas se transformer, à terme, en un sentiment d’exclusion pour la gent masculine.

Les jeunes garçons issus de milieux extrêmement précaires font, eux aussi, face aux réalités de la pauvreté. Eux aussi abandonnent parfois les bancs de l’école pour aider leurs parents aux champs ou dans de petits commerces, faute de pouvoir honorer les frais de scolarité. L’éducation n’a pas de genre, et le besoin d’apprendre est universel.

Pour une approche progressive et inclusive

Il ne s’agit pas de défaire ce qui a été si courageusement accompli pour les filles, mais plutôt d’élargir la réflexion. Notre Loi fondamentale dispose que l’État assure et garantit progressivement l’éducation de son peuple. C’est dans ce mot, « progressivement », que réside la clé d’une transition juste.

Une proposition médiane et réaliste s’impose : si les finances publiques ne permettent pas encore d’offrir une gratuité totale aux garçons, pourquoi ne pas envisager une réduction significative de leurs frais de scolarité ?

Une telle mesure permettrait de :

  • Garantir l’équilibre social : Éviter que les jeunes garçons ne se sentent laissés-pour-compte par les politiques publiques de leur pays.
  • Alléger le panier de la ménagère : Soulager les parents qui ont des enfants des deux sexes et qui doivent encore porter le fardeau financier des garçons.
  • Respecter l’esprit de la Constitution : Inscrire le Bénin dans cette marche progressive vers une éducation accessible à tous, sans distinction de sexe.

La promotion des femmes ne doit pas se faire au détriment des hommes, mais main dans la main avec eux. En ajustant le curseur pour réduire les barrières financières des jeunes garçons, le gouvernement béninois prouverait que l’équité et le droit peuvent avancer d’un même pas, pour le bonheur de toute la jeunesse.

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