IMMOBILIER À PARAKOU: Réparations et vidanges, qui doit payer ?
À Parakou, trouver un logement décent relève du parcours du combattant. Faute d’entretien, de nombreuses habitations se dégradent, menaçant la sécurité et la santé des occupants. Entre refus de réparer et chantage à la hausse des loyers, le bras de fer entre propriétaires et locataires est permanent.

Murs fissurés, toitures trouées, fenêtres cassées : beaucoup de logements sont loués en l’état, sans aucune remise à neuf entre deux baux. Brice A., locataire à Parakou, vit cette situation au quotidien : « Le vent a emporté la fenêtre de ma chambre. Le propriétaire refuse de la réparer si je n’accepte pas une augmentation de loyer. Je vis dans l’insécurité totale, surtout avec les pluies actuelles. »
Les étudiants, aux budgets serrés, sont particulièrement touchés. « L’année dernière, une tempête a carrément arraché la porte de la chambre d’un ami », raconte Amédé Dehokin, étudiant dans la ville. La gestion des WC reste le point noir des locations. Quand les fosses débordent, les latrines deviennent inutilisables, mais les propriétaires tardent à agir.
« Pour les bailleurs, seul le loyer compte », déplore Samuel Adandé, un autre locataire. « Quand le propriétaire accepte enfin de vider la fosse, il nous demande de cotiser ou augmente le loyer. C’est le profit avant tout. »
Face aux reproches, certains bailleurs évoquent la hausse des coûts et cherchent des compromis. Mathias Orou, enseignant à la retraite et propriétaire, explique : « Jusqu’ici, j’ai toujours payé seul les réparations et la vidange. Mais les charges deviennent trop lourdes. Je vais proposer à mes locataires de partager ces frais de façon ponctuelle. Il faut discuter pour s’entendre. »
De son côté, Thérèse Taïo demande une participation fixe de 500 F CFA par chambre lors des travaux : « Certains propriétaires exagèrent, c’est vrai. Moi, je demande juste cette petite aide sans rien imposer. J’aimerais aussi que les locataires demandent les choses plus poliment, car l’agressivité bloque souvent le dialogue. »
Au-delà de l’inconfort, l’insalubrité des logements tue. Le Dr Simplice Hinvo, médecin généraliste à Parakou, alerte sur la dangerosité des fosses septiques pleines.
« Ces odeurs contiennent des gaz toxiques comme l’hydrogène sulfuré, qui provoque des vertiges et des arrêts respiratoires, et l’ammoniac, qui irrite les bronches », explique le médecin. De plus, l’humidité propage des bactéries et des virus responsables de maladies graves : diarrhées aiguës, gastro-entérites, hépatite A et fièvre typhoïde, qui touchent en priorité les enfants et les personnes âgées.
En cas de conflit ou de refus du propriétaire d’agir, il est préférable de:
Écrire une notification formelle (lettre avec décharge) au propriétaire pour lui signaler le problème et garder une preuve écrite.
Saisir les autorités locales (chef de quartier ou mairie) si le propriétaire refuse toujours d’agir.
Contacter les services d’hygiène pour faire constater l’insalubrité et les risques sanitaires.
Pour l’instant, le dialogue et la connaissance des droits de chacun restent les meilleurs moyens d’éviter les conflits.
✍️ Par Joseph HOUNKPATIN (Stg)
